Albert Jacquard s’est intéressé au sport surtout à travers la critique de la compétition. Il aborde cette critique d’un point de vue biologique. En effet depuis que Darwin a postulé la théorie de l’évolution, s’est propagée l’idée que l’affrontement est bénéfique pour une population car la lutte de tous contre tous renforce l’espèce.
Ce que Jacquard avance, d’un point de vue biologique est que cette conception sommaire de la théorie de l’évolution n’est pas valable: En effet, ce n’est pas la supériorité d’un individu qui permet la survie de l’espèce, mais le fait que dans son ensemble l’espèce puisse s’adapter à une situation donnée. Car on ne peut isoler le rôle d’un individu au sein une infinité d’interactions.
Appliqué au domaine du sport, Jacquard dénonce une « dictature de la compétition ». Une volonté de classement, partout on veut classer. Il y a bien entendu une multitude de critères possibles. « Or il faut comprendre que ce critère unique est arbitraire; la hiérarchie qu’il permet d’établir dépend beaucoup plus de sa définition que des valeurs observés pour chaque caractéristique. » (« Halte aux jeux » p30)
Le classement des meilleurs n’a pas une base fiable, la base biologique découle simplement d’une interprétation erronée de la théorie de l’évolution. Du coup, ceux qu’on glorifie comme étant les meilleurs, le sont par rapport à des critères tout à fait arbitraires.
